Photo de verrerie ambre et azur

Histoire de la Cristallerie de Portieux

Sommaire:

  • Le commencement

  • Les grandes étapes du siècle

  • Le commencement:

    Les années 1700

    1705, le Privilège accorde à Magnien, la création d’une usine à Portieux, par transfert de l’activité qui, jusque là, se trouvait à Tonnoy (Met M). Il y eut un procès retentissant entre Magnien et le Duc Léopold, car Magnien faisant jouer son droit de privilège, avait fait saisir les produits de la verrerie de Trois-Fontaine située dans les Etats du Duc. Magnien perdit son procès et se consacra alors au développement de sa nouvelle usine à Portieux village, qu’il érigea en fief. Il obtiendra une autorisation de construire une nouvelle usine au coeur du massif forestier,pour la commodité, au lieu dit « Fontaine de Villers » (entrée de la verrerie de Portieux par BELVAL). Magnien détruit détruit l’usine de Portieux village et reçoit 9000 livres du Duc Léopold pour l’agrandissement du site de la verrerie en 1709. La verrerie de Magnienville comptait 100 ouvriers.

    1729, a la mort de Léopold, son fils François III ramène au giron Ducal la verrerie de Magnienville en dépouillant Magnien. La verrerie devient propriété Domaniale. Pendant 30 ans la verrerie aura à supporter des crises terribles liées aux droits de Douane et au monopole de la France sur le Duché de Lorraine entre 1739 et 1796. Après le rattachement de la Lorraine à la France la situation empira, la verrerie de Portieux éteignit un four par manque de salin (celui-ci était exporté par la France pour avoir une meilleure rentrée d’argent jusqu’en 1780).

    A la Révolution, la verrerie doit alors acheter son combustible, le bois, alors que pendant plusieurs décennies elle l’avait exploité gratuitement laissant les fôrets dans un état pitoyable, néanmoins la verrerie survécut.

    Les années 1800

    1802, la verrerie compte 74 ouvriers et 10 apprentis. Son développement est en plein essor.

    croquis de la verrerie de portieux en 1886
    Dessin de la verrerie en 1886

    1870, la verrerie de Portieux constitue avec Vallérysthal, la plus grosse entreprise de verre fait main, 2200 ouvriers en fabrication directe. Rien que la taillerie occupe 300 tailleurs à la verrerie. C’est à cette époque qu’est construite la ligne de chemin de fer Charmes-la-verrerie-Rambervillers. La verrerie en est le plus gros actionnaire. La guerre de 1870 amènera bien des viscicitudes, comme une énorme Taxe de Guerre que doit payer, sur le dos des salariés, l’usine de la verrerie, à l’Empereur Prussien, car Vallérysthal se trouve de fait rattaché à l’Allemagne. Devant le mécontentement du personnel et pour le sédentariser, se crée une caisse de secours et de retraite en 1874. Mais les fonds récoltés ne représenteront plus rien pour les ouvriers au moment de la retraite, à cause des dévaluations successives du franc.

    Les grandes étapes du siècle:

    Les années 1900 (avant la seconde guerre mondiale)

    1900, la verrerie est en plein essor. C’est l’ère industrielle, les grandes découvertes, l’épopée coloniale. On consomme beaucoup de produits de verre. L’entreprise a besoin de main d’oeuvre qualifiée sur laquelle elle peut compter. Il faut alors songer à la sédentariser, mais à partir de l’organisation de la vie sociale et publique. Aussi entre 1900 et 1921 la verrerie est un véritable chantier.

    1900, construction de la Coopérative Ouvrière qui fonctionnera pendant plus de 80 ans en employant plusieurs salariés.

    Construction de l’Eglise juste en face de la coopérative. Le lieu de culte n’a pas été cédé à l’Etat en 1905 et, de fait, reste propriété privée.

    1905, construction de la Pension des apprentis. Cette décision faisait suite à la dénonciation grandissante contre le travail des enfants et leur misérable condition. Le Sénateur Maire de Portieux, Directeur de la verrerie, Adrien Richard, interviendra auprès du gouvernement pour remédier à cette situation (Le Petit Parisien du 22/12/1912). Une enquête sera menée sous la responsabilité gouvernementale et de la « Chambre Syndicale des Maîtres de verrerie » par Emilie Labarthe, qui soulignera dans son rapport le rôle néfaste des marchands d’enfants, comme certaines officines à caractère religueux (Abbé Saintol).

    On retrouvera dans les archives de la verrerie les courriers de Saintol proposant des enfants bien dressés et dociles moyennant argent. La pension des apprentis à cette époque abrite 100 gamins de 13 à 15 ans. Il sera établi un livret de l’apprenti consignant ses droits et devoirs. Dans le même temps se créent toutes les structures de la vie sociale. Société Musicale, Harmonie, Société des Trompes de Chasse, Société d’Escrime, de Gymnastique, Société de Chorale, Société de Pêche.

    L’usine compte plus de 1000 ouvriers et la cité de la verrerie 2500 habitants vivant quasiment en autarcie avec, médecin, la pharmacie sera installée après la guerre 39/45, magasins, cités d’habitation pour 385 familles. Tous les corps de métiers sont représentés au sein de l’entreprise, maçon, menuisiers, peintres, charpentiers, charretiers etc… C’est l’âge d’or de la verrerie, jusqu’en 1938 avec le passage dévastateur de la guerre de 14/18.

    1936, toute l’usine est en grève pour exiger de meilleurs salaires et surtout pour appuyer les grandes revendications nationales: congés-payés, retraites, classifications, 40 heures, droits syndicaux…

    1938/39, la direction de l’entreprise décide le « lock-out » et ferme l’usine suite à un puissant mouvement de grève contre les décrets Daladier qui annulent la semaine de 40 heures, rétablissent le droit total patronal, diminuent les salaires de 10%. Les patrons licencient pour augmenter la productivité par l’allongement de la durée du travail. Le maire et le conseil municipal de la Commune dénoncent l’attitude de la direction de l’entreprise et se rendent à la chambre des députés avec les délégués de la verrerie.

    1939, la ligne Charmes/Rambervillers est supprimée, elle servira uniquement au fret entre Charmes et la verrerie.

    Pendant la guerre de 1939/1945, l’usine servira d’entrepôt de matériel de l’armée Allemande, mais ne cessera pas son activité.

    L’après-guerre

    1948, la direction de l’entreprise construira une verrerie mécanique dont les essais ne seront pas poussés à leur terme. Il s’en suivra des licenciements et une perte financière pour l’arrêt du four mécanique en 1955.

    1950, grosse activité médiatique sur la vie à la verrerie de Portieux (L’est Magazine), Charles Aubry est fait chevalier de la légion d’honneur à 73 ans, pour avoir soufflé douze millions de verres.

    1955, la scierie qui employait plusieurs salariés et qui alimentait l’usine de nombreux produits, arrête définitivement.

    1957, nombreuses difficultés et départs de beaucoup de verriers qualifiés attirés par de meilleurs salaires dans d’autres verrerie ou d’autres secteurs.

    Portieux aujourd'hui
    Portieux ces dernières années

    1981, dépôt de bilan de la part de la Compagnie Française de Cristal dont faisait partie la verrerie de Bayel, Fains-Les-Sources, Vannes-Le-Chatel et Vallérysthal. Il y a encore 300 salariés. Tentative de reconstitution d’une Société Anonyme à participation ouvrière avec directoire. Transformation radical des types de production et fabrication du cristal. Après 5 dépôts de bilan, la production repose encore sur la création des années 1980/1995. il reste 20 salariés.

    1981, année noire, la liquidation judiciaire de la verrerie s’impose.

    1900, la verrerie est en plein essor. C’est l’ère industrielle, les grandes découvertes, l’épopée coloniale. On consomme beaucoup de produits de verre. L’entreprise a besoin de main d’oeuvre qualifiée sur laquelle elle peut compter. Il faut alors songer à la sédentariser, mais à partir de l’organisation de la vie sociale et publique. Aussi entre 1900 et 1921 la verrerie est un véritable chantier.

    1900, construction de la Coopérative Ouvrière qui fonctionnera pendant plus de 80 ans en employant plusieurs salariés.

    Construction de l’Eglise juste en face de la coopérative. Le lieu de culte n’a pas été cédé à l’Etat en 1905 et, de fait, reste propriété privée.

    1905, construction de la Pension des apprentis. Cette décision faisait suite à la dénonciation grandissante contre le travail des enfants et leur misérable condition. Le Sénateur Maire de Portieux, Directeur de la verrerie, Adrien Richard, interviendra auprès du gouvernement pour remédier à cette situation (Le Petit Parisien du 22/12/1912). Une enquête sera menée sous la responsabilité gouvernementale et de la « Chambre Syndicale des Maîtres de verrerie » par Emilie Labarthe, qui soulignera dans son rapport le rôle néfaste des marchands d’enfants, comme certaines officines à caractère religueux (Abbé Saintol).

    On retrouvera dans les archives de la verrerie les courriers de Saintol proposant des enfants bien dressés et dociles moyennant argent. La pension des apprentis à cette époque abrite 100 gamins de 13 à 15 ans. Il sera établi un livret de l’apprenti consignant ses droits et devoirs. Dans le même temps se créent toutes les structures de la vie sociale. Société Musicale, Harmonie, Société des Trompes de Chasse, Société d’Escrime, de Gymnastique, Société de Chorale, Société de Pêche.

    L’usine compte plus de 1000 ouvriers et la cité de la verrerie 2500 habitants vivant quasiment en autarcie avec, médecin, la pharmacie sera installée après la guerre 39/45, magasins, cités d’habitation pour 385 familles. Tous les corps de métiers sont représentés au sein de l’entreprise, maçon, menuisiers, peintres, charpentiers, charretiers etc… C’est l’âge d’or de la verrerie, jusqu’en 1938 avec le passage dévastateur de la guerre de 14/18.

    1936, toute l’usine est en grève pour exiger de meilleurs salaires et surtout pour appuyer les grandes revendications nationales: congés-payés, retraites, classifications, 40 heures, droits syndicaux…

    1938/39, la direction de l’entreprise décide le « lock-out » et ferme l’usine suite à un puissant mouvement de grève contre les décrets Daladier qui annulent la semaine de 40 heures, rétablissent le droit total patronal, diminuent les salaires de 10%. Les patrons licencient pour augmenter la productivité par l’allongement de la durée du travail. Le maire et le conseil municipal de la Commune dénoncent l’attitude de la direction de l’entreprise et se rendent à la chambre des députés avec les délégués de la verrerie.

    1939, la ligne Charmes/Rambervillers est supprimée, elle servira uniquement au fret entre Charmes et la verrerie.

    Pendant la guerre de 1939/1945, l’usine servira d’entrepôt de matériel de l’armée Allemande, mais ne cessera pas son activité.

    1948, la direction de l’entreprise construira une verrerie mécanique dont les essais ne seront pas poussés à leur terme. Il s’en suivra des licenciements et une perte financière pour l’arrêt du four mécanique en 1955.

    1950, grosse activité médiatique sur la vie à la verrerie de Portieux (L’est Magazine), Charles Aubry est fait chevalier de la légion d’honneur à 73 ans, pour avoir soufflé douze millions de verres.

    1955, la scierie qui employait plusieurs salariés et qui alimentait l’usine de nombreux produits, arrête définitivement.

    1957, nombreuses difficultés et départs de beaucoup de verriers qualifiés attirés par de meilleurs salaires dans d’autres verrerie ou d’autres secteurs.

    1981, dépôt de bilan de la part de la Compagnie Française de Cristal dont faisait partie la verrerie de Bayel, Fains-Les-Sources, Vannes-Le-Chatel et Vallérysthal. Il y a encore 300 salariés. Tentative de reconstitution d’une Société Anonyme à participation ouvrière avec directoire. Transformation radical des types de production et fabrication du cristal. Après 5 dépôts de bilan, la production repose encore sur la création des années 1980/1995. il reste 20 salariés.

    1981, année noire, la liquidation judiciaire de la verrerie s’impose.

    2014, le dernier four de la manufacture est éteint, l’aventure se termine…

    Recherches d’archives.

    Par François Georges et Maxime Leroy

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